Brève : Répression au Xinjiang, retour sur les “réussites” du secrétaire général du Xinjiang Chen Quanguo en matière de lutte contre le terrorisme

Tandis qu’ONG et chercheurs multiplient les rapports (Human Rights Watch, septembre 2018) sur la situation des ouïghours au Xinjiang, les journaux chinois continuent d’encenser les progrès réalisés dans la région en matière de lutte contre le terrorisme. Les réussites du secrétaire général de la province du Xinjiang Chen Quanguo (陈全国), arrivé en poste en août 2016, sont ainsi soulignées. Cet ancien militaire et homme politique chinois occupait depuis 2011 la fonction sensible de secrétaire général de la province autonome du Tibet. Il bénéficie d’une certaine aura politique pour les “résultats” de sa politique au Tibet.

En trois ans, il s’est engagé, selon le « modèle » élaboré au Tibet, dans une répression d’une violence rare. Il a lancé les camps de rééducation, qui désormais concentrent plus d’un million de détenus et organisé une vaste campagne en vue de démasquer les agents doubles (兩面人, “hommes aux deux visages”) qui feignent de sympathiser avec le PCC mais qui en secret sympathisent avec les indépendantistes. La répression, d’une ampleur inédite contre les ouïghours (surveillance constante, comprenant reconnaissance faciale, électronique, délation, etc.) a donc commencé sous son mandat, sous couvert de lutte anti-terroriste et de maintien de la stabilité régionale.

Désormais, la Chine semble vouloir exporter son système, du moins c’est ce qu’indique l’article. Du 16 au 19 février, des représentants de huit pays (Pakistan, Venezuela, Cuba, Égypte, Cambodge, Russie, Sénégal et Biélorussie) se sont rendus dans le Xinjiang sur invitation du gouvernement de la région autonome du Xinjiang. La visite était organisée par le département de la propagande du PCC et le Ministère des Affaires étrangères. L’objectif était de lever les doutes des pays sur la répression des musulmans en Chine, de préparer la coopération en matière de lutte contre le terrorisme et de promouvoir le modèle instauré au Xinjiang.

EastIsRed

 

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