Démonstration de force réussie par la Russie lors de l’exercice Vostok 2018

Le Général Sergeï Choïgou l’avait annoncé, l’exercice Vostok 2018, qui s’est déroulé dans les plaines sibériennes orientales du 11 au 15 septembre, aura été un exercice massif, regroupant prés de 300.000 militaires russes, dont 100.000 effectivement déployés, et leurs 36.000 véhicules et 1000 avions et hélicoptères, soit l'exercice le plus important depuis 1981 pour les forces russes ou soviétiques. Il faut noter que l'OTAN met en doute ces chiffres, n'ayant constaté qu'une force de 100.000 hommes environ, mais cela serait cohérent avec un ratio combattant-logistique de 1 pour 3.

Comme l’explique parfaitement le blog RedSamovar, l’exercice s’est déroulé en deux phases, la première d’une durée de deux jours, simulant la mise en alerte et le regroupement des forces sur délais courts, et la seconde pour les opérations militaires elles-mêmes.

Au-delà des analyses techniques, l’exercice est d’ores-et-déjà une grande réussite, puisque les forces russes auront réussi à mobiliser et déplacer en 48 heures une force de 100.000/300.000 hommes, ainsi que 5000 militaires chinois et mongoles, avec leurs matériels et leurs lignes logistiques. Certes les forces étaient déjà en alerte, mais le résultat n’en est pas moins impressionnant. Il a sansdoute fait grand effet au siège de l’OTAN, sachant qu’il a fallu plusieurs semaines à l’alliance atlantique pour déployer deux brigades blindées sur les frontières russes et biélorusses, lors du déclenchement des mesures de réassurance envers les pays Baltes, la Pologne et la Roumanie.

En effet, aujourd’hui il faudrait probablement à l’occident entre un mois et un mois et demi pour déployer sur les frontières orientales européennse une force de moins de 100.000 hommes avec leur matériel, et cela admettant un renforcement américain rapide et fluide (non entravé).

Au delà de l’OTAN, le message n’est certainement pas passé inaperçu à Kiev, alors que les tensions en mer d’Azov comme sur la ligne de front du Donbass ne font que s’accroitre ces dernières semaines, comme pour les acteurs du conflit syrien, qui pourraient être tenté de croire que la Russie est un ours aux pieds d’argile.

Parallèlement, Moscou a démontré sa très bonne entente avec Pékin, et sa collaboration étroite avec l’empire du Milieu, là encore un message clair destiné aux Occidentaux et plus spécifiquement aux Américains. Implicitement, les forces russes ont également montré qu’elles étaient maîtresses de tout le territoire russe, fussent-elles distantes de 7000 km du gros des troupes à l'Ouest. Comme le répétait Talleyrand, si cela va sans dire, cela va d’autant mieux en le disant ; en l’occurrence, en le montrant !

Avec cet exercice, la Russie a montré qu’elle avait à nouveau les moyens de faire partie des nations à visée mondiale et non plus régionale, comme on l’a souvent classée à tort. Si aujourd’hui le Kremlin n’a plus la puissance démographique, économique et idéologique que pouvait avoir l’Union Soviétique, il dispose d’une force militaire mobilisable l’amenant au même niveau que les Etats-Unis et la Chine, sans même faire référence aux capacités stratégiques du pays.

Un message que les dirigeants européens, malgré leurs certitudes sur la toute-puissance de l’économie, devraient certainement méditer. Ceci afin d’éviter d’être un jour dans l'incapacité de répondre militairement à une démonstration de force possible aux frontières de l'Union, et réduisant d'autant plus leurs options pour éviter une escalade dramatique.

 

Lire l’article en français (8 min)

https://redsamovar.com/2018/09/17/actu-lexercice-vostok-2018/

A lire également en français (4 min)

http://www.opex360.com/2018/09/16/mme-merkel-denonce-guerre-hybride-de-russie-contre-soldats-allemands-deployes-lituanie/

Articles similaires

Retour en haut