L’US Air Force dément s’intéresser à un autre appareil que le F-35

Alors que les deux constructeurs majeurs américains, Boeing et Lockheed avaient tous deux communiqués sur un nouvel appareil pour renforcer les F-22 et les déficiences du F-35, l’US Air Force, par la voix de sa Secrétaire à la force aérienne, Heather Wilson, a démenti s’être intéressé à aucun des deux appareils proposés.

Selon elle, l’US Air Force n’aurait aucun intérêt à s’intéresser à un appareil comme le F15X de 4ème génération, alors que son objectif officiel est d’augmenter le ratio d’avions de 5ème génération à 50% de son parc aérien. Il faut toutefois noter que les 1750 F-35A commandés, en plus des 180 F22 déjà en ligne, représentent potentiellement bien d’avantage que 50% du parc de chasseurs de l’US Air Force, constitué pour le moment de 2500 avions de chasse. Le chiffre annoncé par Heather Wilson correspondrait donc à une commande effective de 1150 appareils (comme envisagé par un rapport de mars 2018).

Reste que Boeing comme Lockheed ne se sont pas positionnés sur une telle offre sans raison. Il est clair que de plus en plus de voix s’élèvent outre atlantique pour mettre en doute le bien fondé d’une force aérienne majoritairement composée d’un appareil comme le F-35. Les programmes de pays clients du F-35, comme le Tempest britannique, le F3 japonais, ou le K-FX coréen, répondent tous aux mêmes exigences de performances aéronautiques supérieures, quitte à devoir sacrifier une partie de la furtivité, composante jugée de moins en moins efficace.

En portant ce démenti, l’US Air Force reste avant tout fidèle à la position qu’elle a soutenue depuis 15 ans de soutien inconditionnel au F35, position qui a joué un rôle déterminant notamment dans le succès de l’appareil en Europe.

On ne peut s’empêcher de remarquer l’important décalage qui se créé entre les forces occidentales et sino-russes en matière de répartition entre avions de supériorité aérienne et avions polyvalent et d’attaque. Pour les forces russes, les appareils d’attaque (Su-24/25/34) ne représentent que 20% du parc, alors que les chasseurs de supériorité aérienne (Su27/30/35) représentent prés de 65% des 1300 chasseurs en service. Les chiffres sont sensiblement similaires en Chine, avec 60% d’avions de supériorité (Su27-30-35, J-11-16 et J-20). A l’inverse, pour l’US Air Force, seuls 20% des appareils (F-22 et F-15C) sont uniquement dédiés à la supériorité aérienne. En Europe, grâce au programme Typhoon optimisé pour la défense aérienne, les appareils de supériorité aérienne représentent 40% du parc (Typhoon, mirage2000 C/-5), le reste étant majorité composé d’avions polyvalents (F16, F35, JAS39 et Rafale). Les avions d’attaque sont, aujourd’hui, très peu nombreux (Tornado, harriers, et quelques fitter)

Au final, les forces aériennes de l’OTAN disposent, aujourd’hui, de moins d’appareils de supériorité aérienne que le couple sino-russe, un facteur très étonnant lorsque l’on sait a quel point la supériorité aérienne est jugée stratégique et critique dans les plans de défense de l’OTAN. Si les occidentaux insistent sur les performances multi ou ômniroles de leurs appareils, certaines caractéristiques propres à ces appareils, comme la vitesse brute ou ascensionnelle, apparaissent inférieures à leurs homologues chinois ou russes spécialisés sur ce domaine. 

Il ne serait pas étonnant, dans un avenir plus proche qu’on ne l’imagine, que les projets de Boeing et de Lockheed reviennent sur l’avant de la scène pour combler ce décalage croissant.

 

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https://www.defensenews.com/digital-show-dailies/air-force-association/2018/09/12/air-force-not-considering-new-f-15-or-hybrid-f-22f-35-top-civilian-says/

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