Le retour de l’aéronavale embarquée japonaise se fera sur F-35B

A la fin de la 2ème Guerre Mondiale, le Japon ne disposait plus que de 3 porte-avions encore à flots : le Hōshō, un porte-avions école, le Jun'yō, très endommagé lors de la bataille de la mer des Philippines et le Katsuragi, le dernier porte-avions opérationnel de la Marine Impériale Japonaise, qui n’avait pu être engagé en raison du nombre trop restreint d’avions, de pilotes et de carburant à la fin de la guerre. Ces 3 bâtiments furent ferraillés en 1947, et le Japon n’avait plus construit ce type de bâtiment depuis en raison d’une interdiction constitutionnelle, le porte-avions étant une arme de projection de force incompatible avec les limites de la force d’autodéfense japonaise.

Face au renforcement très sensible de la Marine chinoise, la Marine japonaise décida de se doter, à la fin de la décennie précédente, d’une nouvelle classe de Destroyers porte-hélicoptères, la classe Izumo. Les deux bâtiments, l’Izumo et le Kaga, sont aujourd’hui opérationnels et peuvent mettre en œuvre 14 hélicoptères. Tenant largement plus d’un LHD (Landing Helicopter Deck) que d’un destroyer, les Izumo ont été conçus pour pouvoir mettre en œuvre si nécessaire les V22 Osprey et les F-35B du Marines Corps, avec qui la Marine Japonaise travaille fréquemment.

Mais depuis, la Marine chinoise a reçu son deuxième porte-avions, et la construction du troisième a débuté depuis plus d’un an, très probablement un porte-avions doté de catapultes cette fois, et non d’un tremplin.

Pour être en mesure de contrer l’aéronavale embarquée chinoise, les autorités japonaises avaient émis en 2017 l’hypothèse de se doter de F-35B pour équiper les Izumo, transformant pour le coup les bâtiments en porte-avions. Concomitamment, le gouvernement nationaliste de Shinzō Abe a modifié la constitution du pays, lui permettant à nouveau d’intervenir hors de ses frontières, si l’action militaire vise à protéger le territoire, les ressortissants et les intérêts japonais.

Aujourd’hui, alors même que la construction du 3ème porte-avions chinois vient d’être officiellement confirmée, le gouvernement japonais a annoncé sa décision officielle d’acquérir des F-35B pour équiper des bâtiments. Le nombre d’appareils n’est pas déterminé, ni la question de savoir si cette commande étendra la commande de 42+20 F-35A en cours, ou remplacera une partie de ces appareils. Il faut rappeler que la Corée du Sud envisage, elle aussi, d’acquérir des F-35B pour équiper ses LHD de la classe Doko, sensiblement plus petits que les Izumo japonais (14.300t vs 19.500t).

Nul doute que cette annonce entraînera une réponse de la part de la Chine, qui avait déjà appelé le Japon à considérer pleinement les conséquences d’une telle décision. La réponse la plus probable sera d’accélérer le programme de construction navale, qui dépasse aujourd’hui les 150.000 tonnes par an, hors sous-marins. Selon certains observateurs, la construction d’un quatrième porte-avions aurait d’ores-et-déjà débuté dans les chantiers navals chinois. Si l’industrie chinoise est effectivement capable de soutenir la construction de 2 porte-avions en cale simultanément, le rythme de production et d’entrée en service pourrait sensiblement augmenter, pour atteindre un bâtiment tous les deux ans, deux ans et demi.

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http://www.navyrecognition.com/index.php/news/defence-news/2018/november-2018-navy-naval-defense-news/6689-japan-set-to-procure-f-35b-stovl-aircraft-for-jmsdf-izumo-class-helicopter-destroyer.html

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