Newsletter géopolitique n°2

Nemrod – Enjeux Contemporains de Défense et de Sécurité est un cercle de réflexion créé en 2018 et domicilié à l'Université Paris-Sorbonne, qui rassemble des étudiants-chercheurs linguistes, historiens, ingénieurs, philosophes ou juristes, spécialisés sur les questions de défense et de sécurité internationale.

 

Quarantième édition

17 décembre 2018



Editorial: La traque?

 

« Ceux qui défendaient les droits de l’homme pendant les manifestations de Gezi à Istanbul sont devenus aveugles, sourds et muets face à ce qui se passe à Paris » 
 
                                                          Recep Tayyip Erdogan

 
 
Recep Tayyip Erdogan ne s’est pas privé de commenter les interpellations préventives et les images souvent spectaculaires des échauffourées lors des manifestations des gilets jaunes en France. L’occasion de dénoncer un double-discours des puissances occidentale en matière de droits de l’homme, selon la critique devenue classique d’un impérialisme normatif. Les droits de l’homme ne seraient qu’une arme intellectuelle de manipulation de l’opinion publique internationale, déployée par les démocraties occidentales, pour masquer la défense de leurs intérêts stratégiques.
 
Le sordide meurtre du journaliste saoudien, Jamal Khashoggi, s’est soldé par un étonnant numéro d’équilibriste de la part du « Reïs » turc qui s’est fait, dans les médias du monde entier, l’apôtre de la défense du droit international et de l’Etat de Droit au moment même où il façonne d’une main de fer la Turquie à son image.
 
Et pourtant, on se rappelle l’image de Recep Tayyip Erdogan, en juillet 2016, enjoignant en direct le peuple turc à se mobiliser dans la rue pour défendre la démocratie face aux militaires putschistes. On se souvient également des réactions gênées de l’opposition laïque, obligée de condamner un coup d’Etat militaire, qui, dans les mots de ses organisateurs du moins, se justifiait pour lutter contre l’autoritarisme du régime.
 
L’échec du coup d’Etat militaire fournit à la fois la preuve que l’armée a perdu son influence incestueuse dans la vie politique, elle qui s’était longtemps autoproclamée gardienne du temple de l’héritage kémaliste, mais aussi et surtout le point de départ d’une traque systématique des opposants du Reïs au nom de la défense de l’Etat de droit.
 
Le discours officiel a attribué la responsabilité du coup d’Etat aux sympathisants du prédicateur islamiste Fethullah Gülen. Ce dernier, qui vit aujourd’hui en exil en Pennsylvanie, est à la tête d’un vaste réseau d’organisations construit sur la base confessionnelle d’un islam conservateur modéré. Actives dans des domaines aussi divers que l’éducation, les médias, la presse, l’industrie, la puissance et l’influence y compris au sein de l’appareil d’Etat turc de ce réseau sont loin d’être fantasmées. C’est d’autant plus vrai qu’Erdogan lui-même les a largement favorisées pour assoir sa conquête du pouvoir. Il y voyait le moyen de véhiculer au sein des institutions, bastions traditionnels kémalistes, l’islam conservateur modéré dont il se revendique. Le mouvement Gülen a en effet dès sa création fait le pari de la diffusion de son idéologie via ses écoles plutôt qu'à travers les lieux de culte. Avant le séquestre de ses biens, revenus, et la fermeture de ses établissements turcs, le mouvement gérait plus de 1000 établissements scolaires dans le pays, et 1000 autres à travers le monde. Alors qu'Erdogan comptait sur le soutien fidèle de magistrats gülénistes entre 2007 et 2013 dans l’instruction de procès contre d’éminents avocats, militaires, et journalistes proches de l’opposition laïque, la révélation progressive par les médias gülénistes des fréquentes falsifications des dossiers d’accusation, et la médiatisation en décembre 2013 d’un scandale de corruption, éclaboussant des proches du président, a acté la rupture brutale entre les deux anciens alliés.

Sous couvert de la défense de la sûreté de l’Etat, le régime d’Erdogan s’est désormais engagé dans une lutte sans merci contre Gülen pour le monopole du discours islamiste modéré auprès des masses rurales et de la nouvelle classe moyenne. 

Le nombre de citoyens turcs arrêtés suite au coup d’Etat de juillet 2016, 217 971 personnes dont 50 000 ont été condamnées, illustre la vraie motivation de ces purges : la vigoureuse reprise en main de l’appareil d’Etat, et la centralisation du pouvoir autour de Recep Tayyip Erdogan. Loin de se cantonner à l’armée, ces purges touchent depuis près de deux ans la totalité des corps de l’Etat, santé, éducation secondaire et supérieure, justice: plus de 140 000 fonctionnaires ont été limogés. Mais de manière plus inédite, la période post-putschiste a vu la systématisation de l’intimidation des intellectuels et médias turcs critiques du régime, et le déclenchement à leur encontre de poursuites judiciaires, dans une volonté affichée de mettre au pas les éléments dissidents de la société civile turque. Même les dirigeants de grandes entreprises, jusqu'ici relativement épargnés au nom du consensus autour du développement économique nécessaire du pays, sont devenus des cibles dans la lutte contre l’influence de Gülen au sein de la société turque. La confédération patronale Tükson, et ses 55 000 membres affiliés au mouvement, autrefois prisés pour leurs puissants relais à l’étranger, font désormais office d’ennemi public numéro 1. 13 000 millionnaires ont fui le pays alors que près de 1000 entreprises ont été démantelées du petit commerce au conglomérat, à l’image de KOZA ex-fleuron turc qui pesait en bourse près de 3 milliards de dollars.
 
La révélation par un consortium de 9 médias internationaux, coordonnés par le site d’investigation Correctiv, des #blacksitesturkey est le dernier acte d’une traque permanente qui se poursuit désormais à l’étranger. Alors que de l’aveu même du ministre turc de la justice aucun pays n’a accédé à la demande des autorités turques d’extradition de membres de la confrérie, le gouvernement turc a décidé de changer de méthode en mettant en place sous la houlette des services secrets du MIT (Milli Istihbarat Teskilati, l’Organisation nationale du renseignement turc) un vaste système organisé d’intimidations, d’enlèvements, et de détentions arbitraires. Selon le Monde, ce sont près de 200 ressortissants turcs qui ont été ainsi arrêtés, enlevés à l’étranger, et transférés illégalement en Turquie pour y être détenus et torturés dans des lieux restés secrets.
 
La conquête du pouvoir d’Erdogan, habile politique, s’est construite autour de 3 piliers : un islam conservateur modéré qui devait incarner « la » réponse turque au défi de l’identité que pose l’entrée des sociétés musulmanes dans la modernité mondialisée ; un développement économique constant appuyé sur la conversion du pays dans le domaine des affaires au libéralisme dominant ; et un nationalisme affiché qui flirte parfois avec un néo-ottomanisme, au risque de raviver les tensions intercommunautaires à l’intérieur du pays. La Turquie post-2016 que Recep Tayyip Erdogan façonne toujours plus à son image semble rajouter un 4ème pilier : la traque constante des opposants…

Nous vous souhaitons une très bonne lecture,


Jean Galvé

 

Veille Stratégique - Défense et Sécurité - Semaine du 10 au 16 décembre 2018

AFRIQUE

Afrique: l'administration Trump dévoile la nouvelle stratégie américaine

Le 13 décembre, le conseiller à la sécurité nationale de Donald Trump, le diplomate John Bolton, a présenté la nouvelle stratégie africaine des États-Unis lors d’une conférence à la Heritage Foundation, l’un des principaux think-tanks conservateurs de Washington. La nouvelle doctrine américaine se focalise autour de trois grands axes stratégiques :

  • En matière économique : l’amélioration des relations commerciales avec les pays africains à travers des accords basés sur le principe de réciprocité. « Nous voulons que nos partenaires économiques de la région réussissent, prospèrent et maîtrisent leur propre destin. Dans nos échanges économiques, nous ne demandons que la réciprocité, jamais la soumission » a-t-il notamment affirmé.

  • En matière d’aide au développement et de maintien de la paix : « Les États-Unis ne fourniront plus d’assistance à tort et à travers, sans focalisation ni priorité, et ne soutiendront plus les opérations de maintien de la paix (OMP) de l’ONU qui sont improductives, infructueuses et qui échappent à tout contrôle », a déclaré John Bolton. Il a cité en exemple l’opération onusienne au Sahara occidental (MINURSO), rappelant avoir participé à sa mise en place en 1991 alors qu’il travaillait au département d’État. Les OMP au Soudan du Sud et en Centrafrique sont également dans le viseur de la Maison Blanche. Concrètement, les États-Unis veulent réduire leur contribution financière aux OMP dès 2019. Une réduction toutefois limitée puisqu’elle ne sera que de 3,47 %. Il s’agit pour l’administration Trump de plafonner symboliquement le financement américain au quart du budget global des Casques bleus qui s’élève à 6,7 milliards de dollars.

  • En matière sécuritaire : la lutte contre le terrorisme islamique demeure la première priorité stratégique des États-Unis en Afrique. Selon John Bolton, l’administration américaine entend appréhender la menace terroriste et le développement de l’idéologie islamiste de façon globale à l’échelle du continent, citant notamment l’État islamique, Al-Qaïda et leurs affiliés. Les déclarations de John Bolton ne semblent pas aller dans le sens d’un désengagement militaire américain malgré la baisse formelle des effectifs. Au contraire, le conseiller présidentiel a même évoqué un projet d’installation du quartier général de l’US AFRICOM, actuellement basé à Stuttgart en Allemagne, sur le continent africain. Le Pentagone avait annoncé en novembre que les États-Unis allaient réduire de 10% le nombre de leurs soldats stationnés dans la région. À noter que l’écrasante majorité des troupes américaines présentes en Afrique sont des Marines occupés à la protection des ambassades. Le restant relève du commandement des opérations spéciales (US SOCOM). Les forces spéciales américaines sont notamment déployées en Somalie, en Libye et au Niger.

D’une manière plus générale, la stratégie américaine vise aussi à contrer les influences grandissantes de la Chine et de la Russie en Afrique. John Bolton a ainsi dénoncé « les pratiques prédatrices qui freinent la croissance économique en Afrique, menacent l’indépendance financière des pays africains, entravent les possibilités d’investissement des États-Unis, entravent les opérations militaires américaines et constituent une menace importante pour la sécurité nationale des États-Unis ». Le conseiller à la Maison Blanche a particulièrement insisté sur l’action de Pékin en Afrique qui aurait « recours à des pots-de-vin, à des accords opaques et à l’utilisation stratégique de la dette pour maintenir les États africains captifs de ses exigences ».

  • Maroc : le Pacte sur les migrations approuvé par 160 Etats réunis à Marrakech 
  • Niger : plusieurs enquêtes suite au décès accidentel d’un soldat français

AMÉRIQUE

Armes hypersoniques: priorité de l'industrie

Le Pentagone a besoin d’une nouvelle base industrielle de défense pour le développement d’armes hypersoniques et des moyens de les contrer. C’est en tout cas l’annonce réalisée par Michael Griffin, sous-secrétaire à la Défense pour la Recherche et l’Industrie. En effet, selon lui, la Chine et la Russie sont arrivées à un « Niveau Opérationnel Initial » de leurs armes. Pour rattraper ce retard, les Etats-Unis doivent donc développer une infrastructure industrielle à même de pouvoir tester et produire de telles armes, alors même que la taille de ses infrastructures a diminué depuis les dernières décennies.
L’essor de telles armes amènerait donc à de nouvelles concentrations industrielles et technologiques telles qu’elles ne seraient pas l’apanage d’une seule firme, mais bien la constitution d’un nouvel « écosystème », selon la volonté de Patrick Shanahan, sous-secrétaire à la Défense. A court terme, l’objectif est de pouvoir présenter un premier « Niveau Opérationnel Initial » des armes américaines d’ici an, autrement dit, avec un an de retard sur l’estimation que donne Griffin de l’état actuel de l’armement hypersonique russe et chinois. Le but à atteindre est la production de milliers d’armes, seuil critique de la dissuasion, selon Michael Griffin.

Sommaire Etats-Unis - Canada:

  • Le Général Mark Milley au poste de Chef d’Etat-Major interarméesEngagement américain au Yémen : point de situation
  • Afrique - John Bolton appelle les organisations régionales à prendre le relais des forces américaines
  • Corée du Nord : blocage du retour des dépouilles des soldats américains
  • Sud-Soudan : trois personnes sanctionnées par les Etats-Unis pour leur rôle pendant la guerre civile
  • L’US Navy et la Missile Defense Agency interceptent avec succès un IRBMNouveau commandant pour l’Air Force Materiel Command
  • Manque de navires-bases (AFSB) pour les forces spécialesBudget de la Défense 2020: revirement du président Trump
  • La Space Force remise en cause par le président du Senate Armed Service Committee
  • Le premier vol de l’hélicoptère Defiant a été repoussé à 2019 
  • L’US Air Force se dote d’une nouvelle bombe nucléaire

 

 Sommaire Amérique Latine:

  • Amérique Centrale : mobilisation policière contre le crime organisé
  • Equateur : nomination d’un nouveau vice-président
  • Jamaïque : création du Commandement Maritime, Aérien et Cybernétique
  • Venezuela : coopération stratégique avec la Russie
  • Brésil : livraison du sous-marin Riachuelo produit par Naval Group

ASIE - PACIFIQUE

Chine / Etats-Unis : une équipe de hackers chinois à l'origine de la cyberattaque du groupe hôtelier Marriott

Selon une interview accordée à la chaîne d’information Fox News par le secrétaire d’État Mike Pompeo ce mercredi 12 décembre, une équipe de hackers chinois serait à l’origine de la cyberattaque à l’encontre du groupe hôtelier Marriott. Le 8 septembre 2018, des intrusions régulières dans les systèmes d’information du groupe Marriott étaient signalées. Une base de données contenant les informations personnelles (informations bancaires, numéro de passeport, numéro de téléphones, etc) d’environ 500 millions de clients aurait été piratée. Les premières intrusions pourraient remonter jusqu’en 2014, à la période même où l’Office of Personnel Management, agence indépendante du gouvernement américain chargée des fonctionnaires, était elle aussi la cible d’une cyberattaque portant sur les données de 4 millions d’agents fédéraux en activité ou à la retraite.

Au sommaire:

  • Corée du Nord / États-Unis - Trois hauts dirigeants nord-coréens visés par de nouvelles sanctions
  • Japon - conversion confirmée du JS Izumo en porte-avion

EUROPE

La France fournit équipement et formation à l'armée centrafricaine ne phase de rapprochement avec la Russie

En visite les 10 et 11 décembre dans la capitale centrafricaine Bangui, la ministre des Armées Florence Parly est venue réaffirmer l’engagement local de la France, qui y dépense encore 130 millions d’euros par an malgré la fin de l’opération militaire « Sangaris » en novembre 2016.
Un mois après la venue du ministre de l’Europe et des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian, Florence Parly a martelé à ses interlocuteurs que « la France ne se désintéresse ni se désengage », avant de joindre le geste à la parole en livrant 1 400 fusils d’assaut AK-47 et trois embarcations pneumatiques sur la base de M’Poko, puis d’annoncer des formations concernant jusqu’à 9 000 militaires locaux.
Depuis la fin de l’opération « Sangaris » fin 2016, marquée par le départ de troupes françaises et la tenue d’élections en République Centrafricaine, l’ordre et la sécurité ne sont toujours pas revenus dans plus de 14 provinces du pays malgré la présence de forces de maintien de la paix onusiennes MINUSCA et d’instructeurs militaires de l’Union Européenne (EUTM-RCA).
En quête d’influence, la Russie pousse ses pions dans un contexte d’instabilité locale marquée. Après avoir opposé son veto au conseil de sécurité de l’ONU à la livraison d’armes par la France au Forces Armées Centrafricaines (FACA) en septembre 2017, la Russie a obtenu la livraison de ses propres armes à ses mêmes forces. De janvier à février 2018, ce sont 6 200 fusils AK-47, 270 lance-roquettes, 900 pistolets automatiques et 20 canons anti-aériens qui ont fait le trajet Moscou-Bangui. En août 2018, les ministres de la Défense Sergueï Choïgou et Marie-Noëlle Koyara ont annoncé un accord de Défense impliquant la formation de militaire centrafricains sur place et dans les instituts de militaires russes.

Au sommaire:

  • Espagne – 906 millions d’euros pour la modernisation des Eurofighter espagnols
  • Autriche – Vienne poursuit ses palinodies entre l’Eurofighter et le Gripen
  • Suède – Coup de filet antiterroriste
  • France – Strasbourg en deuil, la France en plan Vigipirate urgence attentat 
  • France – Le ministère des Affaires étrangères victime d’un piratage

PROCHE ET MOYEN-ORIENT

Syrie - Opération Roundup : les FDS en progression dans la province de Deir Ezzor

La semaine du 10 au 16 décembre 2018 a été marquée sur le front de Deir Ezzor par l’avancée progressive des forces démocratiques syriennes (FDS) - soutenues par les frappes de la Coalition - contre l’enclave de Daech située entre Hajin au nord et Baghuz Fawqani au sud.
La libération de la ville de Hajin, toujours en cours actuellement, et l’offensive débutée au sud de la zone s’effectuent après une série de revers particulièrement coûteux pour les FDS.  Profitant de la dégradation des conditions climatiques, les combattants jihadistes avaient pu lancer de sanglantes contre-offensives.

Un nouveau sursaut des combattants de Daech n’est d’ailleurs pas à négliger. Comme l’a souligné Brett McGurk, envoyé spécial de la présidence américaine auprès de la Coalition Internationale contre Daech, lors d’une conférence de presse du Département d’Etat des Etats-Unis d’Amérique le 11 décembre dernier, cette poche de résistance concentrerait encore quelques milliers de combattants parmi lesquels certains des plus aguerris. Malgré l’avancée significative des F.D.S. ces derniers jours, plusieurs mois seraient donc encore nécessaire à la reprise complète de cette enclave, sans compter ensuite la pacification qui lui serait nécessaire.
  • Israël : nouveau cri d’alarme sur l’état des forces de défense
  • Turquie : préparation d’une offensive à l’Est de l’Euphrate contre l’YPG
  • Égypte – Jordanie : annonce du quatrième exercice militaire conjoint
  • Syrie : l’armée démobilise ses officiers ayant accompli cinq ans de service obligatoire
  • Irak : la "zone verte" réouverte au public après près de quinze ans

RUSSIE

Fédération de Russie - économie de la défense : Croissance des ventes de l'industrie d'armement russe pour l'année 2017

Le 10 Décembre 2018, le Stockholm International ¨Peace Research Institute (SIPRI) a publié son rapport concernant le bilan annuel de la production et de la vente d'armement par pays et par industrie, pour l'année 2017.
Si les États Unis règnent en maître sur la première place du classement, avec 226,6 milliards de dollars de chiffre d'affaire, la Fédération de Russie est devenue le 2ème pays producteur d'armement, sur un total de cent pays (hors Chine). La seconde place du classement était occupée par le Royaume Uni de façon systématique depuis 2002.

En 2017, les ventes des entreprises russes représentent conjointement 9,5 % du total des ventes réalisées par les cent groupes répertoriés. Par ailleurs, pour la première fois depuis le lancement du top 100 en 1989, une entreprise russe a été propulsée dans le top 10 des plus gros vendeurs d'armement en 2017, précisément à la dixième place.
Il s'agit d' Almaz Anteï, considérée comme le groupe majeur de la base industrielle et technologique de défense (BITD) russe. Ses ventes ont augmenté de 17% par rapport à l'année 2016.

Cette industrie est notamment spécialisée dans la production de systèmes de défense anti-aériens S-300 et S-400, utilisés sur le théâtre syrien et intégrés dans les forces d'une dizaine de pays, notamment le Bélarus, l'Arménie, la Serbie, le Vietnam et la Chine. De même,trois autres entreprises russes présentes dans le top 100 ont également vu leur ventes augmenter en 2017.
Cette nouvelle donne s'explique en partie par la tenue des grands exercices militaires de la Fédération de Russie, notamment les manœuvres Vostok et les exercices de combats conjoints Brotherhood, qui se sont déroulés en Extrême Orient et en Asie centrale de Septembre à Novembre 2018.
Ainsi, si l'on observe un accroissement significatif des ventes d'armement russes depuis 2011, la production domestique pour le client étatique en vue de la modernisation des forces doit être prise en compte, au côté des exportations vers des pays tiers.

Au sommaire:

  • Fédération de Russie - économie de la défense : Croissance des ventes de l'industrie d'armement russe pour l'année 2017
  • Renouvellement de la MINUSCA en Centrafrique : la Russie exige que son rôle stabilisateur en RCA soit reconnu
  • La Russie et des pays européens établissent un canal de communication direct pour éviter des incidents en mer Baltique
  • Dialogue Russie-Otan : Rencontre entre Valeri Guerassimov et Curtis Scaparrotti
  • Mais à quoi jouent le Venezuela et la Russie ?
  • La Russie participera aux exercices maritimes de l’ASEAN en 2019
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L'adaptation de Daech face à ses pertes territoriales - Interview de Historicoblog

Agrégé d’histoire, l’auteur travaille depuis août 2013 sur le conflit syrien et analyse les vidéos militaires de l’Etat islamique depuis août 2015

 

Programme balistique iranien : le tour de force de la République Islamique
Par Constance Parpou

 

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